Association pour la préservation de la biodiversité en Amazonie péruvienne

Aide au développement social

À la rencontre des familles amazoniennes dans les villages de la Concession :


Les 2 villages, Buena vista et el Rayo, sont éloignés de 20 minutes en barque à moteur l'un de l'autre. Ces villages sont en général organisés autour d’un espace central qui sert d’aire de jeux (terrain de football) auprès duquel on trouve une école, un poste de radio, des espaces et des constructions qui servent de points de rencontre aussi bien festives que de discussion des intérêts collectifs. Dans chaque village existe ''las mingas'', un mode d’organisation traditionnelle qui régule la réalisation collective des travaux d’intérêt général (entretien des talus, du terrain de foot, organisation de fêtes…). Toutes les décisions importantes sont prises lors de réunions où assistent les hommes, les femmes et les enfants. Elles ont lieu en fin de journée quand les hommes et les femmes sont rentrés de leurs activités d’agriculture, de collecte, de chasse ou de pêche.

Éducation :


Ces 2 villages ont une école, où sont en général assurés les trois premiers niveaux : jardin, initiale et primaire. Mais le manque de matériel pédagogique et surtout l’absence des professeurs, qui sont ''de passage'', font que les enfants et les adolescents n’avancent pas dans leur programme scolaire. Certains enfants ne sont pas scolarisés. Beaucoup de villageois considèrent que l’éducation est importante pour l’avenir de leurs enfants. La présence d’un professeur dans une école primaire est souvent à l’origine du déménagement des familles d’un village à un autre.

Santé :


Les petits dispensaires et la visite de l’infirmière constituent la seule présence de la médecine allopathique dans les villages. Dans les villages, les personnes responsables de la distribution des produits médicaux sont volontaires et ont cette responsabilité en plus de leur travail quotidien (de pêche, d’agriculture, etc). Mais le manque de médicaments et l’éloignement (pour acheter les médicaments, les responsables doivent aller jusqu’au bureau de CARITAS de Requena, à 3 jours de voyage) font que ce service est assez inaccessible pour les villageois. Un villageois qui a besoin de consulter un médecin doit faire entre 7 heures et plusieurs jours de voyage.

La médecine par les plante


s est largement utilisée et représente une alternative économique dans ces zones rurales pauvres. C’est une façon de se soigner très courante, tous les habitants savent employer et utilisent des plantes pour soigner les maladies les plus communes. En plus du savoir détenu par les habitants en général, certaines personnes ont un savoir plus ample : Les sages-femmes (en général deux par village), les « hueseros »qui soignent les problèmes d’os, les personnes qui « mélangent » les plantes pour réaliser des purges, éloigner la mauvaise chance, se protéger des mauvaises énergies, etc.

Culture et croyances :


Au Pérou, les cultures précolombiennes se caractérisaient par une parfaite maîtrise de leur habitat naturel, épousant la nature à la perfection. La nature était leur dieu sacré, les quechuas donnaient le nom de Pacha Mama (mère terre) à leur habitat. La transmission culturelle et la cosmovision ancestrale n’ont pas résisté à l’impact des siècles de culture occidentale catholique imposée, mais elles restent parfois dans la mémoire collective, y compris chez les populations métisses. Actuellement en Amazonie, dans des ethnies comme les Shipibos Conibos, la symbiose avec la nature fait encore partie intégrante de leur cosmovision. De nombreux péruviens ont perdu la valeur de ce que leur « mère terre » peut leur apporter et pourquoi en prendre soin. Dans les populations touchées par la pauvreté, les conditions sociales dures et l’isolement, l’acculturation est une résultante de ce processus et les problèmes liés à la protection de l’environnement sont souvent vu et/ou vécu comme un moyen de revenu ou d’assistanat, et non comme une priorité pour sauver leur propre patrimoine.

Famille de la communaut 'El Rayo'


Famillle Marden et Lotty Morey


Centre du village


Village de Santa Lucia
pendant la crue mars 08


Dispensaire


Clavo huasa (tynantrus parunensis)
utilisé contre le rhumatisme


Paico (Chenopodium sp)
utilisé par les sages femmes bd